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L’été 1986 fut chaud à Paris. Et cela, pour deux raisons différentes. La première, plus prosaïque concernait la température arrivant jusqu’à 35° à l’ombre, la deuxième venait des événements qui bouleversaient l’opinion publique en France et au-delà – les attentats à la bombe.

En feuilletant les pages du journal intime de Martyna, trouvé récemment, par hasard d’ailleurs, derrière un tiroir dans une chambre d’hôtel - il faut dire que dans cet endroit on peut toujours trouver toute sorte de revues laissées comme par hasard ; mais quant à ce journal je pense qu’il aurait du mal à se glisser tout seul dans cette fente étroite, et il me semble plutôt que quelqu’un essayait de le cacher de cette façon – je reviens sans cesse à ces journées folles et magnifiques que j’ai passées il y a longtemps dans cette capitale du monde, au moins ce que j’ai pensé à l’époque.

Errant sur les Champs Elysées, comme elle, je vois à nouveau les milliers de lumières et avec tous mes sens j’inhale des odeurs lointaines, et pourtant si proches et je pense : – Martyna ! Où te trouves-tu maintenant ? Quels vents te portent dans le monde ? Et si tu n’existe plus, et si tu n’avais jamais existé ? Et s’il ne restait de toi que ces pages cachés derrière ce tiroir, les pages déchirés d’un cahier, remplis nonchalamment d’une l’écriture inégale, large, un peu enfantine.

Où es-tu, Martyna ?

Oui… l’été s’est fut chaud à Paris.